Le Journal de Montréal
Le lundi 10 novembre 2008
Des groupes criminels mexicains lorgnent le Québec
Reynaldo Marquez, Journal de Montréal
Des motards appelés The Mongols travaillent activement
dans certaines villes du Québec.
Au moins deux bandes de criminels d'origine mexicaine ont les
yeux bien fixés sur le marché québécois
de la drogue, évalué à plusieurs millions,
selon des sources policières.
Ainsi, la récente arrestation du comédien Tony
Conte en compagnie de deux présumés complices mexicains,
lors d'une transaction de cocaïne à Montréal,
est une très nette indication que des membres d'un cartel
mexicain sont déjà très actifs dans la métropole,
estiment les forces de l'ordre.
De plus, des motards criminels issus de la communauté
mexicaine de la Californie, appelés The Mongols, travaillent
aussi très activement à développer des "occasions
d'affaires" dans la revente de drogues dans les grandes villes
du Québec, ajoute-t-on.
The Mongols, qui agissent comme bras armé des cartels
mexicains, n'ont pas de repaire connu au Québec.
En effet, ne maîtrisant pas le français, c'est curieusement
un problème de langue qui freine leur implantation, selon
la police.
Violence à prévoir
Mais la simple présence de ces organisations réputées
agressives, comme le démontrent les récents événements
au Mexique, a de quoi inquiéter la société
québécoise, prévient Alex Caine.
"Je mets ma réputation en jeu que des affrontements
d'une rare violence avec les Hells pourraient débuter dès
l'été prochain", ajoute celui qui a passé
les trente dernières années à infiltrer diverses
organisations criminelles et dont le livre L'Infiltrateur, publié
aux Éditions de l'Homme, est présentement en librairies.
C'est que les Hells et la mafia italienne sont perçus
par ces gangs comme affaiblis par les récents coups de
filet de policiers québécois, ajoute M. Caine.
"Les Mexicains et les Mongols travaillent ensemble et veulent
prendre le relais du marché de la drogue... Les autres
ne se laisseront pas faire", dit-il.
Le journaliste d'enquête Julian Sher partage cette inquiétude.
À son avis, les membres du crime organisé mexicain
ont ceci de commun avec la mafia russe : ils n'hésiteraient
pas à déroger au code d'honneur du monde criminel.
"Ce qu'ils font est très bas. Même que certains
motards criminels tremblent devant les cartels mexicains",
prévient-il.