Incendie au repaire des Hells
La police examine plusieurs hypothèses
La Presse Canadienne
19/10/2008
La police examine plusieurs hypothèses relativement à
l'incendie criminel qui a ravagé le repaire des Hells Angels
à Sorel-Tracy, samedi soir.
Selon des témoins, le sinistre aurait été
provoqué par un camion-citerne lancé sur le bunker,
le quartier général du gang qualifié de "symbole"
de leur présence, en plein centre de la municipalité,
vers 21h30. Personne n'a été blessé, mais
une cinquantaine de résidants des alentours ont dû
être évacués.
La Sûreté du Québec a confirmé qu'un
camion a été retrouvé dimanche matin dans
les décombres, mais n'a pas précisé son type.
"C'est sûr qu'on va regarder si une guerre des motards
est recommencée, si des bandes rivales, autres que des
motards (criminels), veulent s'en prendre aux Hells Angels",
a confié, dimanche, le porte-parole de la Sûreté
du Québec, Ronald McInnis, à la télévision
de Radio-Canada.
Selon une source policière citée par TVA et qui
n'a pas été identifiée, le gang criminel
aurait pu faire ce coup d'éclat lui-même en vue de
déménager sur la rive nord du Saint-Laurent. Autre
piste évoquée par cette même source: un groupe
rival aurait voulu frapper les Hells, ce qui pourrait impliquer
une riposte.
Les pompiers étaient toujours sur les lieux, dimanche,
afin d'éteindre complètement les dernières
braises. La SQ avait pour sa part déployé son poste
de commandement, en plus d'effectifs importants.
Les Hells Angels étaient établis dans cet immeuble
notoire depuis 1977. Un "symbole" a ainsi été
attaqué, a estimé un policier retraité de
la SQ, Robert PoJeti, dans un entretien au réseau TVA dimanche.
"Ca peut être des mafiosi, ça peut être
des motards décus, ça peut être des anciens
collaborateurs, des anciens trafiquants de drogue qui seraient
en conflit avec les Hells", a soulevé l'ancien journaliste
judiciaire du Journal de Montréal, Michel Auger, interrogé
par Radio-Canada.
Un journaliste spécialisé, Julian Sher, a quant
à lui affirmé qu'un nouveau chapitre de la guerre
des gangs était en train de se jouer.
"On fait face à "Hells Angels II - La suite",
a-t-il commenté à TVA. C'est une nouvelle génération,
des membres plus jeunes, et des anciens membres qui retournent
sur le champ de bataille."
Le maire de Sorel-Tracy, Marcel Robert, a exprimé avec
une certaine ironie son soulagement.
"Un feu règle peut-être un certain problème",
a confié le maire à la télévision
publique.
"Ce n'est jamais une bonne nouvelle, de voir ce genre de
bâtiment et ce genre d'image accolés à une
municipalité, alors maintenant (que le repaire) est disparu,
je ne peux pas vraiment dire que je vais verser une larme",
a-t-il poursuivi à TVA.
L'immeuble ne pourra être reconstruit, en vertu des règlements
municipaux en vigueur.
L'enquête de la Sûreté du Québec tente
également de déterminer s'il y a des liens entre
l'attaque du bunker et deux autres incendies survenus dans la
soirée. Le premier, avant l'incendie du repaire, a été
allumé dans un édifice commercial et résidentiel
du centre-ville.
Par ailleurs, un troisième feu a été allumé
dans un garage situé sur le chemin Saint-Roch en début
de nuit. La SQ considère également cet incendie
comme suspect. Aucun des incendies n'a fait de blessé.
De plus, la SQ n'exclut pas que l'incendie du repaire soit relié
aux perquisitions de vendredi à Montréal et dans
le Bas-Saint-Laurent qui ont permis de retrouver 1200 kilos d'explosifs
volés. Trois individus ont été arrêtés
et accusés. Au moins l'un d'eux serait relié aux
Hells Angels.
Les Hells Angels du Québec avaient été décimés
par une importante opération policière en 2001,
qui avait mené à l'incarcération de plusieurs
hauts responsables.