Sorel - Hells Angels
Terrible réplique redoutée
Le Journal de Montréal
20/10/2008
Purge massive, bisbille à l'interne, attaque d'un groupe
criminel rival : peu importe qui est à l'origine de l'incendie
du bunker de Sorel, la réplique des Hells Angels risque
d'être explosive.
Retour au texte principalTel est l'avis des spécialistes
de la question des motards questionnés hier, qui se confondent
en hypothèses pour expliquer l'attentat de samedi soir.
"Un assaut du genre, ça laisse présager une
riposte car les Hells ne peuvent pas laisser passer ça",
affirme le journaliste d'enquête Julian Sher.
Dans son édition d'hier, le Journal rapportait les propos
du reporter et auteur de livres sur les motards qui prévenait
de l'arrivée de la nouvelle vague de Hells Angels.
M. Sher s'est dit abasourdi d'apprendre que la maison-mère
des Hells au pays ait été criminellement détruite.
"Ça sent le coup de motards à plein nez, a-t-il
dit. Le bunker de Sorel était un vrai symbole pour les
Hells Angels."
Dissidences
Pour Jean-Pierre Lévesque, ex-analyste en chef du renseignement
criminel à la GRC, des dissidences entre les têtes
dirigeantes de cette bande de motards pourraient être à
l'origine de l'incendie.
"Il ne faut pas oublier qu'il y a beaucoup d'anciens Rock
Machine qui sont maintenant chez les Hells de Montréal",
a-t-il dit.
"Il y a peut-être de la bisbille à l'intérieur
des rangs. [...] Il peut y avoir des divergences d'opinion sur
la façon de gérer la business."
Le journaliste William Marsden, qui a lui aussi publié
des ouvrages-chocs sur le sujet, prévoit une riposte violente,
que le feu soit l'oeuvre des Bandidos ou des Hells Angels eux-mêmes.
Le spécialiste émet aussi l'hypothèse que
le groupe de motards "ait senti la soupe chaude et décidé
d'incendier le bunker pour s'installer ailleurs".
Certaines sources laissent d'ailleurs entendre que les Hells pourraient
s'établir sous peu sur la rive nord de Montréal.
Les propos de William Marsden vont dans le sens des explications
du maire de Sorel, Marcel Robert, au sujet de la nouvelle loi
rendant désormais le repaire des Hells illégal dans
cette ville.
Le groupe de motards aurait aussi pu détruire lui-même
son local pour éviter que la ville ne le saisisse éventuellement,
suggèrent d'autres spécialistes.
L'oeuvre d'une tête folle
Selon l'agent infiltrateur Éric Nadeau, qui a joué
un rôle dans la condamnation de plusieurs motards criminels,
l'attentat de Sorel pourrait aussi être l'oeuvre d'une "tête
folle" d'un groupe rival.
"Il peut avoir agi pour se prouver ou par vengeance. Mais
une chose est sûre, on va savoir assez vite qui c'est, car
le monde de ce milieu aime se vanter", dit-il, ajoutant craindre
le pire dans les mois à venir.